7 mois, les souvenirs refont surface
Il y a 7 mois, notre vie changeait du tout au tout. Il y a 7 mois nous avons connu le début d'un bonheur incroyable.
Dans ma tête, tout est encore très clair, le souvenir bien présent. J'en suis nostalgique aujourd'hui... Pas tant de la conception de Louise, ni de ma grossesse, mais vraiment de la nuit de l'accouchement.
Cette nuit du 12 au 13 mars 2010, où il faisait si froid.
Mon homme si fatigué après sa semaine de boulot, qui implorait sa fille de ne pas arriver le vendredi soir.
Mon envie irreprésible de faire la vaisselle et de laisser la cuisine propre après notre diner.
Le lit dans lequel je me couche à 22h55 alors que mon chéri commence à s'endormir.
La première contraction à 23h00.
Les 3 suivantes, avant que je ne sente la poche des eaux se rompre à 23h20.
Puis tout a été si vite, si bien....
Je revis chaque instant comme si ça avait été hier.
Je ressens chaque émotion avec la même intensité.
Les contractions, si douloureuses, de la première à la dernière.
Le liquide chaud et visqueux qui coule.
Le départ de la maison - "quand nous reviendrons, nous serons 3".
Le trajet de 40 minutes jusqu'à la mat où je dis à mon chéri "double, double" et "freine, freine" dans les virages.
Les contractions toutes les 4 min....
La froideur de la sage-femme en chef, qui pensait qu'il me faudrait beaucoup plus de temps pour accoucher.
La douceur de l'autre sage-femme qui faisait son maximum pour que je me sente mieux.
La douleur des contrôles de col.
Mon angoisse en voyant le liquide teinté à notre arrivée à la mat, alors qu'il ne l'était pas en partant de la maison.
Cette nausée incroyable à chaque contraction.
Et puis à 2h50, quelque chose qui se passe à l'intérieur, une douleur indescriptible, le travail qui prend une autre dimension.
Ma joie à l'annonce de la pose de la péridurale, alors que mon col n'est qu'à 2.
L'attente de l'anesthésiste.
La douleur qui devient insoutenable.
La sensation bien réelle et inimaginable de mon bassin qui s'élargit, alors que je suis assise au bord du lit.
L'anesthésiste qui n'est toujours pas là.
Le fait que le seul moyen de résister à cette douleur est de pousser, pousser, toujours et encore pousser.
Le bruit du liquide et du sang qui tombent au sol.
L'impression d'être devenue une autre, d'être Hulk au moment de sa transformation.
L'anesthésiste qui arrive, enfin.
Mais qui n'arrive pas à piquer, parce que je bouge trop.
La douleur qui continue et se calme d'un coup.
L'anesthésiste qui peut enfin piquer.
Mon soulagement quand la péridurale est enfin posée à 3h25.
Le choc quand on m'annonce 2 minutes plus tard que mon col est déjà complètement dilaté.
La compréhension soudaine de cette 1/2h de douleur indescriptible.
Ma déception d'avoir posé la péridurale..... à part retarder l'expulsion, elle n'aura servi à rien....
Ces moments de calme avant "la délivrance".
La plénitude qui m'envahit, l'émotion qui nous submerge.
La sensation d'une douleur du côté droit, comme si on m'écrasait un nerf.
La sage-femme qui regarde entre mes jambes.
"Je vois des cheveux - elle a des cheveux !".
La mise en place des étriers.
Les pensées qui se bousculent dans ma tête ("je veux accoucher sur le côté !!), mais les mots qui ne sortent pas de ma bouche.
Les cours de préparation qui refont surface.
Mon chéri qui oublie de me tenir la tête, mais qui voit celle de notre poupette sortir et qui m'encourage.
Le sourire de la sage-femme.
La sensation de sa tête qui passe, de la sage-femme qui la tourne, du corps entier qui sort.
Notre fille qui glisse vers la vie.
Son papa dont les yeux brillent d'émotion et de bonheur.
Mes mains ensanglantées qui entourent ce bébé d'amour et ma bouche qui ne peut dire autre chose que "oh, mon bébé...."
L'incroyable découverte de ses yeux, déjà si grands ouverts, de sa bouche, qui cherche goûlument à têter.
La beauté de ce petit bébé qui pendant 9 mois avait grandit en moi.
L'admiration de ses mimiques, de son calme, elle qui vient de traverser la tempête de l'accouchement.
Il est 5h43.
La parentèse enchantée se referme.
Le jour va bientôt se lever - il sera temps d'informer les proches de l'arrivée de Louise - temps de la partager...
Temps de la découvrir, de s'apprivoiser.
Tout le reste, les douleurs, les malaises, les pleurs des jours suivants - tout est oublié. Seul le meilleur est resté...
Seul le bonheur est encore là...
Et ce bonheur nous comble toujours plus, jour après jour....
Louise, nous t'aimons

